brèves d'escales

qui a dit que la marine n'était pas rock'n roll ?

 

En 9 ans – i.e la dernière que je suis allé au Maroc, en 1999 – j’ai trouvé le pays changé. J’avais entendu parler de la lutte de Mohamed VI contre la corruption généralisée, mais je ne pensais pas voir une telle évolution ; comme un abcès qu’on aurait crevé, et qui aurait libéré toutes les énergies. De toutes les visites officielles auxquelles j’ai assisté, tant dans le milieu civil que militaire, j’ai vu un pays moderne, bien au dessus des standards des autres pays arabes. Je ne vais pas vous analyser les difficultés que le pays a à surmonter, elles sont nombreuses, mais disons que ce pays tire vers le haut. Enfin, c’est un sentiment.

Et puis j’ai redécouvert avec plaisir les fondamentaux ; Un accueil toujours aussi chaleureux et moins intéressé qu’avant - enfin, relativement -, les cornes de gazelles à la fleur d’oranger au goût légendaire - et pourtant j’avais oublié qu’elles étaient aussi douces au palais !-, le désordre ambiant mais tout de même fluide, les marchands de tapis toujours aussi voleurs, les porteurs vêtus de cuivre et d’étain d’eau toujours aussi vénaux en insistant pour se faire photographier à un prix exorbitant (j’ai eu un mal fou à expliquer à l’un que je ne voulais pas le prendre en photo, mais seulement boire de son eau aromatisée à la réglisse. Mais c’est vrai que les européens ne boivent pas de cette eau là, par manque de confiance), les cigarettes marquises toujours infectes mais dont on a plaisir à refumer…

Pendant ce temps là, à bord… Un évènement que seule la vieille dame peut organiser. Pour parapher un protocole d’accord de reconversion entre Renault et la marine nationale, on voit les choses en grand, ou comment transformer un bâtiment militaire en salle de réception et de concert ; Le pont en acier recouvert de moquette rouge, les cloisons et grosses portes étanches masquées par du lycra, le pont d’envol reconverti en scène de concert, montée en pièces détachées par une grue et bordée par les hélicoptères chassés de leur hangar.

Pour ma part, étant le cabinet pour l’escale, je me suis retrouvé parachuté GO de l’artiste (Dee Dee BRIDGEWATER, s’il vous plaît) et de ses musiciens incontrôlables. Et bien croyez le, mais c’était assez rock’n roll et je me demande encore comment on a réussi à associer deux mondes inconciliables.

J’avais les mains libres, le commandant était en bas à la réception, j’avais donc ses appartements pour les musiciens et je n’avais pas besoin de faire grand-chose pour les mettre à l’aise. Des gars ingérables, mais super sympas. De foi de marin, on n’a jamais vu une telle ambiance dans un carré commandant ; Ils ont mis une zone ! on a bien rigolé, on s’est ouvert le champagne, je leur ai fait visiter le bord, et j’ai en prime des photos me retrouvant au milieu d’une bande de zouaves fumant des joints devant les rampes de lancement des mer/mer 38… Bref, après les avoir mis en condition, ils ont pu arriver déchaînés sur scène ou les attendaient des types en uniforme. Surréaliste.

Et Dee Dee, qui n’est venue qu’après et que j’ai amené presque directement sur la scène par l’ascenseur hélico, elle est adorable…


Publié à 08:36, le 24/05/2008, Casablanca
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