brèves d'escales

Quand la beauté détruite cède la place au kitsch

Ils sont jeunes, peu nombreux, ont beaucoup de problèmes qu’ils refusent de résoudre, préférant remettre tous leurs maux sur le dos de leurs parents – parents qui, il faut bien l’admettre, avaient fait assez fort quant au déni de toute humanité et du bon sens en général…

Résultat, le Cambodge est un des pays les plus pauvres de la région, même si ses orgueilleux voisins, condescendants, l’invitent tout de même formellement à les rejoindre au sein de l’ASEAN.

Pays pauvre, traumatisé, qui écrit une nouvelle page du pays par la jeunesse de ses habitants, sans le savoir faire des anciens ; Temples bouddhistes reconstruits en cartons pâtes peuplés de jeunes moines en crise d’adolescence qui passent leur journée à glander, chahuter et fumer des cigarettes, Bouddhas rebâtis en vitesse en résine sur les cendres encore fumantes du passage khmère rouge… Quand la beauté détruite laisse place au kitsch.

Tout le pays n’est qu’un grand bazar somme toute sympathique, où les cambodgiens vivent avec débrouillardise en se contentant d’une vie facile. Après tout, n’est-on pas mieux ici qu’en Birmanie ou au Laos ?

Beaucoup d’européens, d’ailleurs, y prennent goût, et surtout des français. Des jeunes trentenaires ayant essuyé quelques échecs en France s’y installent, montent leur bar à « hôtesses », exploitent quelques pauvres jeunes filles… On retrouve aussi les mêmes avec quelques années de plus, devenus de véritables porcs, qui viennent se mettre le compte à bord du bateau, accrochés au bar, au bord de la nausée par le trop plein d’alcool, claquant les fesses de leur jeune compagne cambodgienne qui reste là, passive et mal à l’aise.

J’ai également rencontré un ancien commando marine, qui se plaignait auprès de moi que la France ne savait pas utiliser correctement ses anciens militaires et qu’on allait droit dans le mur. Il travaillait soi-disant pour une ONG américaine dans l’environnement. A force de le cuisiner, je me suis rendu compte qu’il était purement et simplement mercenaire et que son ONG était plutôt une sorte de milice spécialisée dans le renseignement.

Bref, que de gens paumés, ne trouvant pas leur place chez eux et s’essayant une vie plus simple dans un lieu où tout est permis, au risque de se perdre totalement, en enfonçant sur leur passage un pays qui déjà n’arrive pas à se relever tout seul…


Publié à 07:31, le 2/11/2008, Sihanoukville
Mots clefs :


Qui suis-je ?

Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Archives
Amis
Album photos

Mes albums

La carte des lieux visités



Rubriques


Derniers articles

poser le sac, à nouveau
une autre Venise, dit-on
je vous demande pardon ?
pour la beauté d'une porte et nos rêves de gosses
"Le capitaine et son équipage bien formé vous souhaitent bonne traversée"

Sites favoris


Amis

papatrek